13.03.2010

Symphonie

En mai 2001 ma fille venait au monde et en décembre de cette même année mon père mourrait d'un cancer à l'âge de 61 ans. Des personnes de mon entourage y ont vu un signe. De quoi ? En ce qui me concerne, la douleur de décembre n'enlevait rien à ma joie de mai. Et voir ma fille grandir ne me rapprochera pas de ce père avec qui je n'ai finalement pas beaucoup parlé. Je me demande parfois pourquoi est-ce qu'on écrit sur les autres, quel interêt y trouve-t-on ? Peut-être vaut-il mieux ne jamais trouver la réponse, ainsi bien des textes auront droit à l'existence.

SYMPHONIE (2004)

C’est fini, je ne grandirai plus de travers.
Ton regard, une pudeur, c’est ton grand-père.
Au beau milieu de Lui, c’est Toi, c’est ma Terre,
Un ciel qui s’enflamme, tes bras qui m’enserrent.


Malgré une distance, une absence
Tu fais de moi un arbre, une écorce,
Les racines et la pluie, toutes ces forces
Qui font d’elle, dans mes nuits, une présence.


Tu es la douceur de mes souvenirs d’enfant,
Des yeux sombres, regard posé sur mes tourments,
Le devenir d’un toit ouvert à tous les vents,
La sérénité face aux égarements.


Assis au pied de ton lit durant ton sommeil
Ca n’est jamais que sur ma vie que je veille.


Même si les dimanches sont à jamais là,
Jours si étranges emplis de rires tout bas,
Je ne me lasserai de ta voix, ce chant là,
Une symphonie qui fait de moi un papa.


A Oriane et à Pablo

07.02.2010

Parce qu'il en faut un premier

Parce qu'il faut un premier texte sur ce blog, je me suis dit "mon garçon il serait de bonne augure de ne pas mourir bête ce soir".

Alors j'ai lu l'article de Lionel Chiuch paru dans la TG du samedi 6 février 2010 sur le nouveau livre de Marc-Edouard Nabe.

De Nabe, je ne connaissais presque rien. J'écris "presque" parce que je n'ai jamais lu ses livres et que j'en avais vaguement entendu parler par le fils du neveu de la cousine de la soeur de mon concierge (que je salue au passage).

Lionel (pardon pour la familiarité mais ça me gonfle de réécrire le nom à chaque fois...) aime visiblement bien Marc-Edouard (pardon pour...). A ça je n'ai pas grand chose à redire, chacun étant libre de détester qui bon lui semble. Mais faire l'éloge du rejet de l'autre me laisse un peu dubitatif. A ce jeu là, notre ami Yann Moix peut, pas plus tard que tout de suite, postuler pour le prix nobel de litérature.

Alors devant mon inculture (que je revendique) je vais allé me promener sur la toile pour tenter d'y découvrir un peu plus sur Marc-Edouard. Bougez pas, je reviens !!

(35 minutes plus tard)

Coucou, me revoilà. Le resultat de mon odyssée c'est qu'il y a à boire et à manger. Ceux qui l'aiment mettent en avant les textes et ceux qui n'aiment pas tapent principalement sur le personnage. Si j'ai bien compris le monsieur, parce que 35 minutes sur la vie d'un mec c'est pas beaucoup je vous l'accorde, c'est que pour lui la littérature c'est vomir l'autre. Soit !! Chez Pivot il en devient pathétique et chez Ruquier, il n'assume pas, alors que Miller ne fait que le citer (méthode qui n'a rien de contestable selon moi).

En le voyant à l'écran et en lisant certains de ses passages, j'en suis arrivé à me demander si j'avais pas autre chose de plus intelligent à faire qu'écrire ce truc sur ce mec. J'en suis même arrivé à prier dieu (ou tout autre entrepreneur) de me préserver d'une telle haine de l'autre.

Ce qui est certain c'est que ni Lionel Chiuch, ni Jean-Alexandre Blanchet et encore moins Marc-Edouard Nabe ne m'ont donné envie de lire Nabe.

Pour finir, je me permet de reproduire cette citation de Naulleau parce que je trouve qu'elle résume assez bien ce que l'on peut entendre ou lire sur le monsieur. "Moi je pense que c’est un grand écrivain, Nabe. Mais jamais on ne va aller dans le détail de son texte, on va dire “antisémitisme”, on va parler de ses frasques, on va sortir du contexte tel ou tel passage, mais jamais on ne va parler du texte. Voilà, ça va être le personnage qui va occulter, pour toujours je le crains, l’écrivain véritable qu’il est. "
Éric Naulleau
, 2009.

Et pour ce qui est de la mort, elle peut toujours aller se faire foutre.

 

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